BIBLIOGRAPHIE
LIENS
Retrouvez tous les mois dans cette rubrique un extrait tiré d'un ouvrage
spirite :
Le thème de l'extrait du mois de décembre 2009 est « Les problèmes
de l'existence »
Ce qu'il importe à l'homme de savoir par-dessus
tout, c'est ce qu'il est, d'où il vient, où il va, quelles sont ses destinées.
Les idées que nous nous faisons de l'univers et de ses lois, du rôle que
chacun de nous doit jouer sur ce vaste théâtre, ces idées sont d'une importance
capitale. C'est d'après elles que nous dirigeons nos actes.
C'est en les consultant que nous assignons un but à notre vie et marchons
vers ce but.
Là est la base, le vrai mobile de toute civilisation.
Tant vaut l'idéal, tant vaut l'homme.
Pour les collectivités, comme pour l'individu, c'est la conception du
monde et de la vie qui détermine les devoirs ; elle fixe la voie à suivre,
les résolutions à adopter.
Mais, ainsi que nous l'avons dit, la difficulté de résoudre ces problèmes
les fait trop souvent rejeter.
L'opinion du grand nombre est vacillante, indécise ; les actes, les caractères
s'en ressentent. C'est là le mal de l'époque, la cause du trouble auquel
elle est en proie.
On a l'instinct du progrès ; on veut marcher, mais pour aller où ?
C'est à quoi l'on ne songe pas assez. L'homme ignorant de ses destinées
est semblable à un voyageur qui parcourt machinalement une route, sans
en connaître ni le point de départ, ni le point d'arrivée, et ne sait
pas pourquoi il voyage ; qui, par suite, est toujours disposé à s'arrêter
au moindre obstacle, et perd son temps sans souci du but à atteindre.
L'insuffisance, l'obscurité des doctrines religieuses, les abus qu'elles
ont engendrés jettent nombre d'esprits dans le matérialisme.
On croit volontiers que tout finit à la mort, que l'homme n'a d'autre
destinée que de s'évanouir dans le néant. Nous démontrerons plus loin
combien cette manière de voir est en opposition flagrante avec l'expérience
et la raison.
Disons dès maintenant qu'elle est destructive de toute notion de justice
et de progrès. Si la vie est circonscrite du berceau à la tombe, si les
perspectives de l'immortalité ne viennent pas éclairer notre existence,
l'homme n'a plus d'autre loi que celle de ses instincts, de ses appétits
, de ses jouissances.
Peu importe qu'il aime le bien, l'équité.
S'il ne fait que paraître et disparaître en ce monde, s'il emporte avec
lui dans l'oubli ses espérances et ses affections, il souffrira d'autant
plus que ses aspirations seront plus pures, plus élevées ; aimant la justice,
soldat du droit, il se croit condamné à n'en voir presque jamais la réalisation
; passionné pour le progrès, sensible aux maux de ses semblables, il s'imagine
qu'il s'éteindra avant d'avoir vu triompher ses principes.
Avec la perspective du néant, plus vous aurez pratiqué le dévouement et
la justice, plus votre vie sera fertile en amertumes et en déceptions.
L'égoïsme bien compris serait la suprême sagesse ; l'existence perdrait
toute grandeur, toute dignité. Les plus nobles facultés, les plus généreuses
tendances de l'esprit humain finiraient par se flétrir, par s'éteindre
entièrement. La négation de la vie future supprime aussi toute sanction
morale.
Avec elle, qu'ils soient bons ou mauvais, criminels ou sublimes, tous
les actes aboutissent aux mêmes résultats. Il n'est pas de compensation
aux existences misérables, à l'obscurité, à l'oppression, à la douleur
; il n'est plus de consolation dans l'épreuve, plus d'espérance pour les
affligés.
Aucune différence n'attend, dans l'avenir, l'égoïste qui a vécu pour lui
seul et souvent aux dépens de ses semblables, et le martyr ou l'apôtre
qui aura souffert, succombé en combattant pour l'émancipation et le progrès
de la race humaine.
La même ombre leur servira de linceul. Si tout finit à la mort, l'être
n'a donc aucune raison de se contraindre, de comprimer ses instincts,
ses goûts.
En dehors des lois terrestres, rien ne peut le retenir. Le bien et le
mal, le juste et l'injuste se confondent également et se mêlent dans le
néant.
Et le suicide sera toujours un moyen d'échapper aux rigueurs des lois
humaines.
La croyance au néant, en même temps qu'elle ruine toute sanction morale,
laisse irrésolu le problème de l'inégalité des existences, en ce qui touche
la diversité des facultés, des aptitudes, des situations, des mérites.
En effet, pourquoi aux uns tous les dons de l'esprit et du cœur, les faveurs
de la fortune, alors que tant d'autres, n'ont en partage que pauvreté
intellectuelle, vices et misère ?
Pourquoi, dans une même famille, des parents, des frères, issus de la
même chair et du même sang, diffèrent-ils essentiellement sur tant de
points ?
Autant de questions insolubles pour les matérialistes, ainsi que pour
bien des croyants.
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