BIBLIOGRAPHIE


Retrouvez tous les mois dans cette rubrique un extrait tiré d'un ouvrage spirite :

Le thème de l'extrait du mois
de Janvier est tiré de l'ouvrage "Le problème de l'être et de la destiné"


de Léon Denis

 

 

L'amour

 

A toutes les interrogations de l'homme, à ses hésitations, à ses craintes, à ses blasphèmes, une grande voix, puissante et mystérieuse, répond : «Apprends à aimer !»
L'amour est le sommet de tout, le but de tout, la fin de tout.
De ce sommet se déploie et s'étend sans cesse, sur l'univers, l'immense réseau d'amour, tissé d'or et de lumière.
Aimer est le secret du bonheur.
D'un seul mot, l'amour résout tous les problèmes, dissipe toutes les obscurités.
L'amour sauvera le monde ; sa chaleur fera fondre les glaces du doute, de l'égoïsme, de la haine ; il attendrira les coeurs les plus durs, les plus réfractaires.
Même en ses dérivés magnifiques, l'amour est toujours un effort vers la beauté.
Il n'est pas jusqu'à l'amour sexuel, celui de l'homme et de la femme qui, tout matériel qu'il paraisse, ne puisse s'auréoler d'idéal et de poésie, perdre tout caractère vulgaire, s'il s'y mêle un sentiment d'esthétique et une pensée supérieure.
Et ceci dépend surtout de la femme.
Celle qui aime sent et voit des choses que l'homme ne peut connaître.
Elle possède en son coeur d'inépuisables réserves d'amour, une sorte d'intuition qui peut donner une idée de l'amour éternel.
La femme est toujours par quelque côté soeur du mystère, et la partie de son être qui touche à l'infini semble avoir plus d'étendue que chez nous.
Quand l'homme répond comme elle aux appels de l'invisible, quand leur amour est exempt de tout désir brutal, s'ils ne font plus qu'un par l'esprit comme par le corps, alors, dans l'étreinte de ces deux êtres, se pénétrant, se complétant pour transmettre la vie, passera comme un éclair, comme une flamme, le reflet de plus hautes félicités entrevues.
Pourtant les joies de l'amour terrestre sont fugitives et mêlées d'amertumes.
Elles ne vont pas sans déceptions, sans reculs et sans chutes. Dieu seul est l'amour dans sa plénitude.
Il est le brasier ardent et, en même temps, l'abîme de pensée et de lumière, d'où émanent et vers qui remontent, éternellement, les chauds effluves de tous les astres, les tendresses passionnées de tous les coeurs de femmes, de mères, d'épouses, les affections viriles de tous les coeurs d'hommes. Dieu génère et appelle l'amour, car il est la Beauté infinie, parfaite, et le propre de la beauté est de provoquer l'amour.
Qui donc, en un jour d'été, quand le soleil rayonne, alors que l'immense coupole azurée se déroule sur nos têtes et que, des prairies et des bois, des monts et de la mer, monte l'adoration, la prière muette des êtres et des choses, qui donc n'a ressenti ces radiations d'amour emplissant l'infini ?
Il faut n'avoir jamais ouvert son âme à ces subtiles influences pour les ignorer ou les nier.
Trop d'âmes terrestres, il est vrai, restent hermétiquement fermées aux choses divines.
Ou bien, si elles en ressentent les harmonies et les beautés, elles en cachent soigneusement le secret en elles-mêmes. Elles semblent avoir honte d'avouer ce qu'elles connaissent ou éprouvent de plus grand et de meilleur.
Mais tentez l'expérience ! ouvrez votre être intérieur, ouvrez les fenêtres de la prison de l'âme aux effluves de la vie universelle et, soudain, cette prison s'emplira de clartés, de mélodies ; tout un monde de lumière pénétrera en vous.
Votre âme ravie connaîtra des extases, des félicités qui ne peuvent se décrire ; elle comprendra qu'il y a autour d'elle un océan d'amour, de force et de vie divine, dans lequel elle est plongée et qu'il lui suffit de le vouloir pour être baignée par ses ondes régénératrices.
Elle sentira dans l'univers une Puissance souveraine et merveilleuse qui nous aime, nous enveloppe, nous soutient, qui veille sur nous comme un avare sur un joyau précieux, et qu'en l'invoquant, en lui adressant un ardent appel, elle sera pénétrée aussitôt de sa présence et de son amour.
Ces choses se sentent, mais s'expriment difficilement ; seuls peuvent les comprendre ceux qui les ont goûtées.
Cependant tous peuvent arriver à les connaître, à les posséder, en éveillant le divin en eux ; il n'est pas d'homme si ténébreux, si méchant qui, dans une heure d'abandon et de souffrance, ne voie s'ouvrir l'issue par où un peu de la clarté des choses supérieures, un peu d'amour ne filtre jusqu'à lui.
Il suffit d'avoir éprouvé une seule fois ces impressions pour ne plus les oublier.
Et quand le soir de la vie est venu, avec ses désenchantements, quand les ombres crépusculaires s'appesantissent sur nous, alors ces sensations puissantes se réveillent avec la mémoire de toutes les joies ressenties.
Et ce souvenir des heures où nous avons vraiment aimé, comme une rosée délicieuse, descend sur nos âmes desséchées par l'âpre vent des épreuves et de la douleur.


Léon Denis